Santé et conseils pour un premier achat

 

 

 

Maladies rencontrées dans la race abyssine

Une tête saine dans un corps sain

Anesthésie, hospitalisation, faut-il s'inquiéter?

 

 

    L’abyssin n’est pas un chat fragile, il peut parfaitement vivre 15 ans ou 18 ans, mais c’est un chat de race pure qui a été sélectionné par les éleveurs. Dans la race abyssine on a identifié quelques maladies génétiques, vous verrez qu’elles sont peu nombreuses. Les éleveurs sérieux font tout pour en débarrasser la race abyssine, ils s'attachent avant tout à travailler avec des lignées saines.

Il n’est pas toujours facile en élevage d’éviter les maladies infectieuses, c’est pour cela que nous les résumerons dans une deuxième partie.

Et pour finir, vous conviendrez qu’il n’est pas très satisfaisant d’avoir un chat superbe s’il n’est pas bien dans ses baskets et pour cela aussi le choix de l’élevage d’origine de votre futur petit compagnon est important.

 

 

 

Maladies rencontrées dans la race abyssine  

 

 

 

La Pyruvate Kinase Deficience (PKdef) :

    Cette maladie est apparue par mutation sur un gène codant pour une enzyme, la Pyruvate Kinase, qui est nécessaire à la synthèse de l’hémoglobine.

Elle provoque une anémie qui s’installe progressivement : au début l’animal présente des phases d’anémies suivies de périodes de rémissions, puis l’anémie s’installe durablement , devient rebelle à tout traitement et provoque la mort prématurée de l’animal.

    La transmission se fait sur le mode autosomal récessif. Les chats atteints sont ceux qui ont la mutation sur les deux gènes, les porteurs sont ceux qui n’ont la mutation que sur un gène et les normaux sont ceux qui n’ont pas la mutation.

 

 

L'Atrophie Progressive de la Rétine (PRA) :

    L'atrophie progressive de la rétine est responsable de la perte de la vision du chat. En fait il y a deux maladies différentes, l'une qui commence très tôt, avec un chat qui n'aura jamais eu de vision correcte et une autre qui ne s'installe pas avant deux trois ans.

    Pour la première forme, de par son mode de transmission dominant et du fait que la vision des chats est très rapidement mise à mal, on peut espérer que les animaux porteurs de cette tare soient repérés suffisamment tôt et écartés de la reproduction.

    Pour la seconde, qui elle est à transmission autosomale récessive, les éleveurs disposent maintenant d'un test génétique, donc fiable à 100%.

 

    Les deux premières maladies: la PKdef et l'atrophie progressive de la rétine sont faciles à éviter car il existe un test génétique de dépistage. Un éleveur doit connaître le statut génétique de ses chats et bannir les mariages qui pourraient donner des chatons atteints.

    Pour la compagnie on peut acheter un chat porteur ou un chat normal. Pour l’élevage il est préférable de se tourner vers un chat normal, car avec un chat porteur il faudra faire tester la descendance et en tout état de cause bannir tout mariage avec un autre porteur (certains chatons risqueraient d’être atteints).

 

 

L'insuffisance rénale chronique :

    Syndrome fréquent chez les carnivores domestiques, l'insuffisance rénale chronique représente la deuxième cause de mortalité dans l'espèce féline, elle affecte les chats de tous âges mais est plus fréquente chez les animaux âgés.

    Les facteurs de risque des maladies rénales sont: race et famille, infections, certains médicaments, âge avancé, hypertension, mauvaise irrigation rénale et diabète sucré. A noter qu'une alimentation mal conçue et non adaptée au chat ou alors de mauvaise qualité a elle aussi un effet délétère sur les reins.

Mais ce qui nous intéresse plus ici, c'est le facteur race et famille, car pendant longtemps les abyssins ont payé un lourd tribu aux maladies rénales. Il existe en effet chez eux une maladie rénale familiale, l'amyloïdose rénale.

    Lors d'amyloïdose rénale, on a un dépôt de substance amyloïde dans les reins (mais pas uniquement) ce qui provoque une insuffisance rénale mortelle sur des animaux relativement jeunes, mais pas forcément.

On la suppose transmise sur un mode autosomal récessif

Elle reste d’actualité même si la situation a été bien assainie. Elle a fait des ravages dans la race abyssine, il y a de cela une vingtaine d’années. Quand on remonte dans la généalogie de presque tous nos abyssins on retrouve des ancêtres morts d’amyloïdose. Il s’agit de se tenir le plus loin possible de cette maladie : 5 générations sans aucun cas connus d’amiloïdose rénale, me semble acceptable.

    Un bon éleveur peut vous parler des cas connus d’amiloïdose rénale dans les lignées de ses reproducteurs.  Quelqu’un qui vous garantit que ses lignées sont indemnes est un peu louche, car tant que nous n’aurons pas de test génétique pour cette maladie aucune lignée ne peut être étiquetée indemne !

Quel que soit le pedigree de votre chat, s’il meurt d’insuffisance rénale il faut demander une autopsie avec recherche de dépôts de substance amyloïde dans les reins et le foie et faire remonter les résultats à votre éleveur.

 

Luxation patellaire :

    Après une étude faite sur la luxation de la rotule qui est une pathologie rare chez le chat, il a été mis en évidence une prévalence de cette affection plus importante chez les chats Abyssins et Devon Rex. Dans ces deux races on peut avoir une malformation congénitale du condyle médial du fémur : si la gorge dans laquelle s’insère la rotule est moins bien creusée, la rotule aura, et c’est normal, tendance à se luxer plus facilement. Attention cette malformation est possible, mais elle est rare. On pense qu'elle est génétique, on parle de PL (Patellar Luxation) et il convient d'écarter de la reproduction tout chat que l'on sait atteint.

Bien sûr un gros traumatisme comme un accident de la circulation, peut causer une luxation de la rotule même sans malformation congénitale du genou.

 

 

Pathologies cardiaques :

    De grosses malformations cardiaques peuvent expliquer la mort de chatons vers trois semaines lorsqu’ils commencent à avoir une activité physique qui sollicite le cœur. Des malformations moindres peuvent expliquer des retards de croissance.

    L’abyssin qui est un chat de taille moyenne et de corpulence plutôt légère n'est pas particulièrement affecté par les problèmes cardiaques, qui touchent bien plus les grandes races. Mais il faut toujours porter une attention particulière à l’auscultation cardiaque d’un chaton, afin de mettre en évidence un éventuel souffle cardiaque.

 

  

 

Autres pathologies pour lesquelles on cite les abyssins:

En dermatologie, les alopécies auto induites symétriques d'origine comportementale.

En trouble du comportement, la dysthymie.

 

 

 

Une tête saine dans un corps sain   

 

 

    Comme nous venons de le voir, si vous voulez que toutes les chances soient de votre côté pour que votre nouveau petit compagnon soit un chat en bonne santé et qu’il vivra de nombreuses années assurez–vous que son pedigree soit sain et qu’il provienne d’un élevage présentant toutes les garanties sanitaires.

    De la même manière pour avoir l’assurance que votre nouveau petit compagnon soit fait pour vivre harmonieusement dans une famille humaine, assurez-vous qu’il n’a pas passé ses premières semaines en cage ou mis à l’écart dans un milieu hypostimmulant. Le chat, dont la cohabitation est la plus intéressante, est celui qui est né près des humains, a grandi à leur contact et a été manipulé avec douceur. Il est important, afin qu’il s’adapte facilement et pleinement à sa nouvelle vie qu’il ait évolué dans un milieu riche dès son plus jeune âge.

Vous ne seriez pas entièrement satisfaits de partager 15 à 18 années de votre vie avec un chat à demi sauvage qui ne se laisse pas caresser. Nous ne pouvons que vous conseiller de visiter l’élevage de votre futur compagnon abyssin, avant de vous engager.

 

Un dernier conseil :

Vous allez choisir votre chaton parce qu’il vous plait, mais pour avoir la garantie qu’il corresponde bien au standard de la race, assurez-vous qu’en plus de vous donner le pedigree du chaton, l’éleveur expose régulièrement ses chats, afin qu’ils soient évalués par des personnes qualifiées : les juges.

 

Pour nous, l’abyssin est un chat domestique dans un habit sauvage.

 

Anesthésie, hospitalisation, faut-il s'inquiéter? 

Le risque anesthésique

    Les produits anesthésiques sont devenus de plus en plus sûrs, pourtant une anesthésie générale comporte toujours un risque vital et aucun agent anesthésique ne peut être considéré comme sûr à 100%, même pas les nouveaux.

Une enquête récente a montré que parmi les chats sains, un chat anesthésié sur 900 ne se réveillait pas, ce qui est quand même 9 fois moins fréquent que chez le cheval, mais reste deux fois plus que chez le chien.

Parmi les chats malades c’est presque un chat sur 100 qui meurt à l’anesthésie.

 

Le chat est un animal sensible, une maladie, ou même la simple attente en salle d’attente ou dans une cage d’hospitalisation constituent un stress important pour lui. Ce stress peut à lui seul provoquer une hyperglycémie, modifier le pH urinaire, modifier la numération formule et bien sûr provoquer une hypertension artérielle.

 

 

Des précautions à prendre

    Pour citer le Dr Polly TAYLOR, diplômée de l’Université de Cambridge et membre du Collège européen d’anesthésie vétérinaire : « L’anesthésie doit être comme un vol long courrier, et inclure des passages obligés aux contrôles d’embarquement ».

 

L’animal est emmené dans une caisse de transport fermée, garnie d’une couverture bien chaude aux odeurs de la maison.

 

    Il faut autant que possible éviter d’avoir à anesthésier en urgence. Le vétérinaire devrait toujours avoir le temps de réaliser un examen clinique complet et de faire des examens complémentaires en cas d’anomalie détectée ou suspectée.

Il faut signaler si le chat prend des médicaments, car certains interfèrent avec les anesthésiques.

  

    Ces examens, la technique d’anesthésie et ce qui suit, appartiennent à votre vétérinaire, mais vous pouvez aider à la mise en confiance de votre chat et à son calme, deux éléments qui contribueront à la sécurité de son anesthésie.

  

    La diète hydrique avant anesthésie qui permet de prévenir les vomissements en cours d’anesthésie et donc les fausses déglutitions, n’a pas besoin d’être longue chez le chat, 6 heures suffisent (2 heures pour les chatons), la boisson n’est retirée qu’au moment de la pré anesthésie.

Les femelles gestantes ont une vitesse de vidange gastrique très ralentie. Lors de césarienne il faut que l’équipe médicale s’assure que la tête de la chatte soit légèrement plus basse pour éviter toute fausse déglutition en cas de vomissements. C’est une précaution qu’il faut d’ailleurs prendre pour tout chat qui n’a pas pu être mis à la diète avant l’anesthésie.

 

    Avant toute anesthésie il faut mettre en place une voie d’abord veineuse grâce à un petit cathéter placé dans la veine, cela permet de brancher une perfusion et d’injecter l'anesthésique dans la veine. Une fois l’animal endormi il faut l'intuber rapidement, c'est à dire mettre une sonde dans sa trachée pour pouvoir poursuivre l'anesthésie par voie gazeuse ou en tout cas, prévenir les fausses déglutitions et pouvoir pratiquer la respiration assistée si le chat fait un arrêt respiratoire.

    Les animaux anesthésiés ont du mal à réguler leur température et se retrouvent facilement en hypothermie surtout s'ils sont de petite taille comme les chats. On les isole de la table de chirurgie en inox par une alèse ou mieux on les installe sur un tapis chauffant.

 

 

Ma présence est-elle souhaitable pendant la période précédant l’anesthésie ?

    La relation qui vous lie à votre chat est généralement très forte, votre chat est capable de percevoir vos émotions. Votre présence peut aider votre chat, à condition toutefois que vous ne soyez pas vous-même angoissé. Si c’est le cas, mieux vaut laisser votre chat rapidement aux bons soins de l’équipe vétérinaire avec une petite phrase du style:

            «  Au revoir, à tout à l’heure, je reviens » C’est le passage de relais de confiance.

 

 

Le réveil

    Phase délicate qu'il faut surveiller de près.

Si l’on a ramené chez soi un animal qui n’est pas totalement réveillé, voici quelques conseils :

        - Veiller à ce qu’il n’ait pas froid

L’hypothermie étant l’ennemi numéro un des animaux sous anesthésie ou en phase de réveil, il convient de leur apporter un réchauffement doux durant toute la durée de l’anesthésie et durant toute la phase de réveil (tapis chauffant, bouillottes…). Attention à ne pas « brûler » le chat avec des bouillottes placées directement sur la peau. Un conseil, maintenez au chaud les extrémités des pattes du chat, car c'est par là qu'il se réchauffe le mieux.

        - L’isoler du bruit et des lumières vives

Déposez votre chat au sol dans un endroit peu éclairé et peu bruyant, gardez-le près de vous mais sans le mettre non plus dans un lieu de passage.

S’il parait agité le simple contact de votre main à plat sur son dos suffira à l’apaiser.

 

Veillez à ce que sa tête soit étendue pour dégager les voies respiratoires.

Il faut une surveillance attentive du chat pendant le réveil, jusqu’à temps qu’il puisse se maintenir en position sternale.

Et bien sûr, ne jamais déranger un animal qui dort !

 

 

La douleur

    La douleur est cause de stress et retarde la guérison, sa prise en charge avec un analgésique avant une chirurgie permet de mieux doser l’anesthésie.

 

    Qu’il ne soit pas toujours facile de reconnaître un chat qui souffre n’est pas une raison pour le laisser souffrir. Le doute doit toujours profiter à l’animal : « trop d’analgésie vaut mieux que plus de douleur ».

La douleur peut se manifester par un ventre tendu, un dos voûté, une tête basse, un animal recroquevillé, les paupières à moitié fermées, les gobes oculaires basculés ou tout simplement une absence de toilettage plusieurs jours après l'opération. Parfois c'est juste le chat qui lèche son pansement avec un peu trop d'insistance.

    Il convient d’être très prudents dans l’emploi des analgésiques car le chat a une très faible capacité à supporter les médicaments qui nécessitent une glucuronoconjugaison. Beaucoup d’anti inflammatoires non stéroïdiens sont toxiques chez le chat. Il ne faut jamais faire de l'automédication dans ce domaine: un Doliprane 250 peut suffire à tuer un chat de 5 kg.

 

 

A propos de l’hospitalisation des chats

    Si l’état du chat le permet, il faut privilégier l’hospitalisation de jour, ce qui est mieux que de laisser son chat des journées entières à la clinique. Dans la mesure du possible organisez-vous pour par exemple l’emmener le matin et le soir pour ses injections et aménagez lui chez vous un coin douillet pour le reste du temps.

    Si l’hospitalisation de jour n’est pas possible, obtenez la permission d’apporter à votre chat des objets familiers et une serviette ou une couverture aux odeurs de la maison. Il est intéressant de pouvoir le faire hospitaliser avec son igloo ou un petit carton dans lequel il pourra se réfugier, et cela évitera qu’il reste couché dans son bac à litière et mélange aire de repos et aire d’élimination.

Il faut lui rendre visite, si possible à heures fixes pour lui apporter sa dose de câlin et veiller à ce qu’il mange. Au moment du départ mieux vaut partir discrètement et ne pas être trop démonstratif.

 

Aller, Bon Rétablissement MINOU !

 

Sophie LAUBY, vétérinaire

Chatterie Des Terres de Brou

Élevage familial d'Abyssins